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Neurergus crocatus
Lake Urmia Newt, Neurergue du Lac Ourmia
Subgenus: Neurergus
family: Salamandridae
subfamily: Pleurodelinae

© 2006 Wouter Beukema (1 of 15)
Conservation Status (definitions)
IUCN (Red List) Status Vulnerable (VU)
CITES
Other International Status None
National Status None
Regional Status None

Country distribution from AmphibiaWeb's database: Iran, Islamic Republic of, Iraq, Turkey

 

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bookcover Excerpts from Les Urodèles du Monde, 1st and 2nd editions, by Jean Raffaëlli (©2007, ©2014 by Jean Raffaëlli), used with permission. The 2nd edition of this book is available directly from the author: jean.raffaelli@laposte.net and from this website.

Author: Jean Raffaëlli

Neurergus (Neurergus) crocatus Cope, 1862
Neurergue du Lac Ourmia

Espèce polytypique, plusieurs populations sous ce taxon méritant un rang subspécifique, voire spécifique, une grande variation morphologique, notamment au niveau des taches dorsales jaunes, mais également génétique, ayant été enregistrée entre les populations (Nader, 1969, Schneider & Schneider, 2010, Fleck & Bogaerts à Gersfeld, 2011, Hendrix et al., 2014, voir plus loin). 18 cm. Tronc presque cylindrique, assez svelte, avec une légère dépression médiodorsale. Crête absente. Queue plus longue que le reste du corps, arrondie à la base, puis comprimée latéralement vers l'extrémité qui est obtuse. Crête caudale supérieure plus haute pendant la reproduction chez le mâle. Queue plus longue et élargie chez le mâle en rut. Peau granuleuse et ridée sur les parties supérieures, sèche en période terrestre. Poumons réduits. Mamelon cloacal du mâle de forme hémisphérique, renflé au moment de la reproduction et avec une fente cloacale longitudinale, de forme conique chez la femelle et dirigé vers l’arrière, avec une ouverture cloacale arrondie (adaptation à la ponte dans les eaux courantes comme chez Euproctus ou Calotriton). Membres longs (se recouvrent largement quand appliqués contre le tronc). Taches dorsales jaunes à jaune citron presque blanchâtres assez grandes et irrégulières sur fond noir à noirâtre, envahissant parfois presque complètement les parties supérieures, queue comprise (voir plus loin). Parties inférieures y compris le bord inférieur de la queue et la face inférieure des membres rouge orange chez le mâle, jaunâtres chez la femelle. La bande nacrée à bleuâtre sur les parties caudales latérales des mâles du sous-genre Musergus est absente, mais les mâles de Semdinli (sud-est de la Turquie) notamment présentent de grandes taches blanchâtres pendant le rut, absentes chez les femelles dont la coloration caudale reste identique à celle des parties dorsales et latérales (petites taches jaunes sur fond noir). De grandes taches blanches ont été également observées sur la queue de mâles originaires d'Aqra (Irak), bien que moins accusées qu'à Semdinli.

* Ruisseaux de montagne rocheux formés de petits bassins calmes et de chutes d'eau, bordés de chênes et peupliers, entre 1 280 et 2 000 m, dans une zone limitrophe de trois Etats, en pays kurde: nord et nord-est de l'Irak, sud-est de la Turquie, nord-ouest de l'Iran, selon le schéma suivant: 1/ Iran : ouest du lac d’Ourmia = Rezaiyeh, dans le nord des Mts Zagros, où il est encore relativement commun, et Oshnavieyeh, où il a été retrouvé près de la localité-type 150 ans après sa description, dans la province iranienne d'Azerbaïdjan (Najafi-Majd & Kaya, 2013). 2/ Irak : Kurdistan irakien depuis Ashawa et Sulav (province de Duhok) à l'ouest jusqu'à Shiwalok, Roste, Grtk et la région de Smaquli à l'est (Al-Sheikhly et al., 2013) en passant par Aqra (Akre), Girbish et Barzan (province d'Erbil). 3/ Turquie : des environs de Betyssebap (province d'Hakkari) vers l'est jusqu'à Semdinli. L'espèce est sans doute plus largement distribuée. Grande variation de coloration des parties supérieures entre les populations à l'âge adulte. Celle de Betyssebap (Turquie), à l'ouest de l'aire, est couverte de très nombreuses taches blanchâtres ne laissant apparaître le noir que sous forme d'un petit réseau irrégulier, celle d'Aqra (Irak) présente de grandes taches jaunes à blanchâtres laissant également peu apparaître le pigment noir de fond, celles de Barzan (Irak), Semdinli (Turquie) et Ourmia (Iran), au centre de l'aire, sont couvertes de petites taches jaunes peu nombreuses laissant largement apparaître le pigment noir, enfin les populations de l'est de l'Irak à la frontière iranienne (Choman, Roste, Smilan, Nawanda, Shiwalok) présentent une coloration dorsale intermédiaire. Ces différences sont déjà très perceptibles chez les grandes larves. La variation génétique entre les populations est tout aussi importante, au niveau mitochondrial comme nucléaire, méritant d'être reconnue taxonomiquement. Hendrix et al. ont détecté plusieurs haplotypes au sein des populations de Semdinli et de Roste/Choman (est), différents de ceux d'Aqra (ouest). Ils concluent toutefois à une variation intraspécifique récente apparue après la séparation des populations. VU. Dégradation continue de l’habitat enregistrée dans les trois pays. Les populations iraniennes sont menacées par la pollution, la sécheresse et les prélèvements pour la terrariophilie, celles de Turquie par la construction de barrages. Se reproduit au printemps dans les petits bassins ombragés des ruisseaux, sous les pierres. 10 à 15 ondulations caudales sans interruption chez le mâle en rut (Steinfartz, Urodela Info N7, 1994). Quitte l’eau après la reproduction pour rejoindre les abords. Se réfugie sous les pierres l’hiver. Larve de type d'eau courante à branchies courtes. La température de l'eau est souvent basse au moment de la reproduction (11,5 à 13°C).

L'élevage de cette espèce, notamment des juvéniles, est considéré comme plus délicat que pour N. strauchii. Partie terrestre souhaitable. Une partie aquatique pas nécessairement en eau courante, mais avec de nombreuses plantes et pierres. Un léger courant favorise toutefois l’oxygénation des œufs. Janssen (Belgique) les maintenait dans un grand aquarium sans pompe avec beaucoup de plantes et des pierres plates posées au fond. Les animaux pondent volontiers dans les plantes en eau stagnante, ou sous les pierres, attachés ou isolément. Les animaux restent terrestres entre août et février, aquatiques le reste de l’année (Steinfartz), un passage du milieu à l’autre suivi de la reproduction étant déclenché par une baisse de température de 10°C environ (14°C l’hiver, jusqu’à 23°C l’été). Des valeurs inférieures doivent être bien supportées: Timofeev (1997) a obtenu la reproduction par 13 à 16°C: 150 à 200 œufs déposés sur les plantes. Durée de la ponte de 5 à 6 mois. Le développement larvaire est de 25 à 27 jours, l’âge adulte n’est pas atteint avant 3 à 4 ans. Nourriture : vers, larves de trichoptères et de plécoptères, chironomes, gammares, aselles. Reproduit également par Janssen. AT-.


From Les Urodèles du Monde, 1e edition, 2007:

Neurergus crocatus Cope, 1862

18 cm. Tronc presque cylindrique, assez svelte. Pas de crête. Queue plus longue que le reste du corps, obtuse a l’extrémité. Crête caudale supérieure plus haute pendant la reproduction. Peau granuleuse et ridée sur les parties supérieures. Poumons réduits. Mamelon cloacal du mâle de forme hémisphérique, renflé au moment de la reproduction et avec une fente cloacale longitudinale, de forme conique chez la femelle et dirigé vers l’arrière, avec une ouverture cloacale arrondie (adaptation à la ponte dans les eaux courantes comme Euproctus.) Membres longs (se recouvrent largement quand appliqués contre le tronc). Taches dorsales jaunes assez grandes sur fond noir à noirâtre jusque sur la queue. Parties inférieures y compris le bord inférieur de la queue et la face inférieure des membres rouge orange chez le mâle, jaunâtres chez la femelle. Montagnes a l’ouest du lac d’Ourmia (nord-ouest de l’Iran), où il est encore relativement commun, nord du Kurdistan irakien (Aqra), Mts Surkev. Environs de Betyssebbap (Vilayet Hakkari), sud-est de l’Anatolie (Turquie). 54 672 km2. VU. Dégradation continue de l’habitat enregistrée en Turquie, Iran et Irak. Les populations iraniennes sont menacées par la pollution, la sécheresse et les prélèvements pour la terrariophilie. En Turquie, menacé par la construction de barrages prévus dans son aire. Ruisseaux de montagne, où il se reproduit au printemps dans les petits bassins ombragés sous les pierres, entre 1 500 et 2 000 m. 10 à 15 ondulations caudales sans interruption chez le mâle en rut (Steinfartz, Urodela Info N7, 1994). Quitte l’eau après la reproduction pour rejoindre les abords. Se réfugie sous les pierres l’hiver.

Partie terrestre indispensable. Une partie aquatique pas nécessairement en eau courante, mais avec de nombreuses plantes et pierres. Un léger courant favorise toutefois l’oxygénation des œufs. Janssen les maintenait dans un grand aquarium sans pompe avec beaucoup de plantes et des pierres plates posées au fond. Les animaux pondent volontiers dans les plantes en eau stagnante, ou sous les pierres, attachés ou isolément. Les animaux restent terrestres entre août et février, aquatiques le reste de l’année (Steinfartz), un passage du milieu à l’autre suivi de la reproduction étant déclenché par une baisse de température de 10 °C environ (14 °C l’hiver, jusqu’à 23 °C l’été). Des valeurs infé­ rieures doivent être bien supportées: Timofeev (1997) a obtenu la reproduction dans une eau de 13 à 16 °C : 150 à 200 œufs déposés sur les plantes. Durée de la ponte de 5 à 6 mois. Le développement larvaire est de 25 à 27 jours, l’âge adulte n’est pas atteint avant 3 à 4 ans. Nourriture: vers, larves de trichoptères et plécoptères, chironomes, gammares, aselles. Egalement reproduit par Janssen (Belgique).




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Citation: AmphibiaWeb. 2018. <http://amphibiaweb.org> University of California, Berkeley, CA, USA. Accessed 25 Apr 2018.

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